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Préambule
Ce document synthétise un point de vue très personnel sur les capacités requises pour plonger en autonomie.
L'auteur est un enseignant, scientifique et théoricien, venu à la plongée sous-marine dans les années 80, et séduit, évidement, par la beauté et la richesse des expériences offertes, mais aussi, par les acquis scientifiques, les défis pédagogiques et la pluridisciplinarité des domaines abordés.
Au vu des exposés théoriques et techniques, des exercices et des conseils, prodigués dans le cadre des diverses formations à la plongée, l'auteur s'interroge sur ce qui fait un "bon" plongeur: acquis théorique, compétences techniques, ou expériences vécues? La réponse est évidente: un "cocktail" des trois, bien entendu! mais quel est le bon dosage à proposer à un plongeur qui aborde ce perfectionnement ?
L'auteur propose ici une sélection subjective, dictée par son propre vécu, comme touriste-plongeur ou comme enseignant-moniteur. Avec un intérêt particulier pour l'analyse des habitudes et des détails, car c'est bien connu, "le diable s'y cache" !
Cette réflexion s'adresse à un double public de plongeurs confirmés:
- d'une part, les plongeurs déjà diplomés (FFESSM, niv II, ou CMAS,2* ou PADI, "Advanced Open Water", ou équivalent) qui sont habitués à plonger encadrés par un(e) guide de palanquée et qui souhaitent évoluer vers une plongée autonome (FFESSM, niv III, ou CMAS,3* ou PADI, "Rescue Diver").
- d'autre part, les formateurs qui souhaitent discuter des choix pédagogiques et des cursus de formations existantes.
Avertissement
Ce document n'est pas un "cours de plongée". En aucun cas, il ne peut remplacer ni "l'immersion dans le milieu", ni "l'accompagnement humain" d'une formation "réelle" et, de toute façon, un plongeur souhaitant acquérir le niveau correspondant doit s'adresser à une structure habilitée pour obtenir un diplôme (ou "certification") reconnu.
Pour un plongeur, le passage de l'état "encadré", voire "assisté" (par un guide ou un moniteur), à celui de plongeur autonome peut se résumer à une prise de conscience: c'est Lui qui doit être capable de répondre à toutes les questions !
Avant d'y aller, les questions sur:
- le choix du site
- l'analyse des conditions
- le contrôle de l'équipement
- les capacités de son (ses) partenaire(s)
- la planification du parcours et du profil envisagé
- l'accord sur des procédures particulières
Pendant:
- le comportement de son (ses) partenaire(s)
- le contrôle de l'autonomie en air
- le contrôle des paramètres
- l'orientation
- la gestion de la remontée
- la gestion des paliers
- la réaction en cas d'incident
Après:
- la mémorisation des paramètres
- le "debriefing"
- la surveillance de symptômes
- la conduite à tenir en cas d'accident
L'aptitude à donner les "bonnes" réponses repose sur 3 éléments principaux: l'expérience de situations comparables, l'acquisition de techniques devenues "automatiques" sinon "instinctives", et un consensus intellectuel issu d'un bagage "théorique" qui permet de partager entre partenaires une analyse commune des situations.
Combien de plongées ?
La question d'un (éventuel) nombre de plongées nécessaires pour établir un niveau est délicate à formuler, et encore plus à traiter:
- certains diront que c'est au cas par cas et qu'il n'y a pas de minimum.
- d'autres demandent "20, 30, ou 50 plongées en mer"
- comment additionner des plongées en piscine, en eau tropicale protégée, au large par mer agitée, sans et avec paliers, dans un courant fort, sans visibilité, etc. ?
Une attitude rationnelle devrait conduire un plongeur à "se sentir" autonome dans une situation, s'il a déja expérimenté plusieurs fois des conditions comparables (mer, profil, etc.).
Le niveau de difficulté de la plongée
| Combien de plongées "comparables" ? |
| X1 entre 20 et 50, X2 entre 100 et 200 |
| <X1 |
X1< <X2 |
>X2 |
>500 |
| on ne sait rien et on le sait |
on apprend en faisant des (petites) erreurs |
on croit que l'on sait et on fait des (grosses) erreurs |
on devient plus humble |
| Evolution de la marge de sécurité: MS |
| MS à 50% et + |
MS diminue entre 50% et 25% |
MS tend vers 0% |
MS stabilisée vers 25% |
| Niveau de difficulté |
| Facile: 0-20m, sans palier, bonnes conditions |
Moyen: 0-40m, parcours avec visuel, avec paliers légers, conditions normales |
Difficile: 0-60m, parcours sans visuel, avec paliers lourds, courant fort, visi faible, eau froids |
Extrême: >60m, visi nulle, eau trés froide, altitude, sous plafond, etc (non traités dans cette réflexion) |
Tout aussi complexe, de définir à priori, le niveau de difficulté d'une plongée; il dépend de nombreux facteurs objectifs (conditions de mer, méteo, de courant, et profil), mais aussi de facteurs contextuels (connaissance du site, compétences des partenaires, état physique ou mental du moment). Nous proposons une classification en 4 stades, sans ignorer que cette gradation est en réalité beaucoup plus fine, voire continue.
La Marge de Sécurité
Un plongeur "autonome" gère en permanence une marge de sécurité bâtie sur plusieurs contrôles: le temps restant en air, la consommation courante, le temps sans palier obligatoire, puis l'intensité des paliers, la profondeur maximale, la vitesse de remontée, etc. Trois cas à comparer:
- tout début de plongée: autonomie en air maximum, pas de palier, sortie possible immédiatement. Le risque principal (plus fréquent qu'on pourrait le penser): une panne (détendeur fusant, joint cassé), ou une erreur (perte du masque au saut, oubli d'ouverture du bloc). La sécurité: un partenaire présent, attentif, et indulgent !
- au fond, juste avant la remontée, le palier est maximum (ou presque), la réserve en air nécessaire dépend des conditions: au minimum 100 bars (et plus, si paliers excessifs)
- en fin de plongée, paliers faits, les "classiques" 50 bars représentent un gros capital de sécurité, qui permet de se balader plusieurs minutes sous la surface.
Cette marge qui dépend étroitement du niveau de la plongée, évolue avec l'expérience en bien ou en mal.
Sur la Consommation en Air
| les Chiffres de Paul (en l/min) |
plongée |
facile |
difficile |
extrème |
au fond |
12 |
15 |
25 |
remontée |
10-12 |
12-15 |
15-20 |
palier dynamique |
10 |
12 |
15 |
palier statique |
8 |
10 |
N/A |
Elle est extrêmement variable d'un plongeur à l'autre, mais aussi pour le même individu, en fonction des conditions, et des phases de la plongée.
Ce qui importe, ce ne sont pas les valeurs absolues: on vit avec sa consommation et surtout, on plonge avec son air !
Ce qui importe, ce sont les variations par rapport à "sa normale": un des meilleurs signes pour détecter une situation à risques.
Les Interdits de "Tata" Claudine
Voici quelques "règles de conduite" qui, sans garantir la non survenue d'accidents, en diminuent sensiblement la probabilité
- Jamais seul: cad, tu as un partenaire et tu t'en occupes.
- Jamais de "panne" d'air (autonomie): cad, tu te débrouilles avec ton air, sans compter sur celui du partenaire ou le "bloc de sécu".
- Jamais de paliers non faits (ou rupture): cad, tu fais intégralement les paliers imposés par ton système de désaturation (Table ou Ordi).
- Éviter toute remontée rapide (V<15m/min).
- Ne pas se déshydrater.
- Ne pas négliger les symptômes ou les signes annonciateurs d'accidents En cas de symptômes avérés, oxygénothérapie au plus tôt, et, même si l'état s'améliore,évacuation médicale, de préférence vers un centre Hyperbare.
- Ni effort, ni apnée, ni altitude (avion) aprés la plongée (6 à 24h).
La Responsabilité
Un plongeur autonome est un adulte
responsable :
- moralement, vis à vis de son(ses) partenaire(s).
- pénalement, vis à vis des lois et règlements en vigueur.
- civilement, pour les dommages qu'il cause.
Si on ne peut exiger de lui une "obligation de résultat" (un accident peut se produire, malgré tout), il a, dans tous les cas, "obligation de moyens": prévention, intervention, assistance et même utilisation de ses acquis.
L'auteur pense qu'une des clés est l'aptitude à s'auto-évaluer: dans la phase initiale pour combler ses lacunes, mais aussi périodiquement, pour éviter une dérive et des mauvaises surprises.
Au tableau ci-joint (des critères tout à fait subjectifs, dictés par le vécu), il convient d'ajouter:
- du simple bon "sens" !
- des notions minimales de matelotage pour proposer "un coup de main" à la manoeuvre et éviter de pisser (vomir) sur le bord au vent.
- un comportement "friendly" qui aide à résoudre bien des difficultés, en atténuant les états de stress.
sur la Forme
- Contre-Indications: une visite médicale et dentaire s'impose chaque année.
- Hygiène de vie: la fatigue, le manque de sommeil, tout comme les voyages lointains, le décalages horaire, une alimentation ou des conditions climatiques nouvelles doivent conduire à réduire le niveau de difficulté et augmenter la marge de sécurité
- Alimentation équilibrée cohérente avec les efforts fournis. Éviter les abus, surtout avant des sorties difficiles. Éviter le surpoids, mais aussi les périodes de régime hypo-glucidique.
- Entraînement régulier indispensable pour profiter des profils difficiles.
- Hydratation: les pertes hydriques sont importantes en plongée. Elles sont dues à une conjonction de plusieurs facteurs: l'air respiré est sec, avec la pression ambiante et les échanges caloriques, la miction est plus importante, les vols aériens et les climats chauds y contribuent aussi. Il faut donc absolument compenser les pertes: Boire (sans soif) de l'eau (jus ou sodas, si on ne craint pas le sucre), mais en sachant que le café ou le thé (comme diurétique) et pire, l'alcool ont un rôle très négatif.
les sections suivantes abordent un certain nombre de questions et les réponses de l'auteur dans son vécu de plongeur.
| Auto-évaluation |
| Forme |
|
|
|
| Contre-Indications |
visite médicale |
dentaire |
traitement, grossesse |
| Aptitude Physique |
nage |
entraînement cardio |
sur-poids |
| Hygiène de vie |
alimentation, régime |
fatigue, voyage, sommeil |
altitude |
| |
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|
| Équipement |
entretien |
montage |
réglages, vérification |
| |
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| Techniques |
|
à 40m, dans le bleu |
| Bases |
PMT, capelé, parachute |
signes, VDM, LRE, équilibrage, |
| Avancées |
Planification, Orientation, Paliers |
Assistance, Sauvetage |
descente bleu, profonde |
| |
|
|
|
| Expérience |
combien? récentes? |
| Plongées |
Comme Guide |
Dérivantes et Courant, de Nuit ou visibilité faible, en Eau froide |
Paliers obligatoires, Plongées multiples, "Profondes" |
| Incidents légers |
dérive hors limites, séparation de palanquée |
panne d'équipement |
petit baro-traumatisme |
| Incidents graves |
"panne" d'air |
rupture de palier |
narcose, malaise, essoufflement |
| Accidents |
Baro-traumatisme |
ADD |
Assistance, Sauvetage |
| |
|
|
|
| Théorie |
|
|
|
| Lois Physiques |
Unités et Pression |
Archimède & Poids Apparent, Mariotte & Flottabilité |
Dalton & Pressions Partielles |
| Accidents |
causes, préventions |
symptômes |
CAT |
| Décompression |
Profils & Paramètres |
Haldane & Tables |
Ordis |
| Nitrox |
Prof maxi |
Paliers |
|
- s'équiper: un plongeur autonome doit posséder son propre équipement (sauf le bloc).
- adopter une chronologie pour s'équiper et s'y tenir pour éviter les oublis.
- vérifier:Tout ce qui n'est pas attaché est (déjà) perdu. Tout ce qui pendouille peut être gênant, voire dangereux.
- combien de Détendeurs? Deux, sur deux sources différentes de préférence, un "octopus" sinon; les deux, en bon "état": un "secours pourri" augmente les problèmes. La vis DIN est plus sûre, mais moins répandue que l'étrier INT.
- quel Gilet(stab)? en eau froide, ou en exercice, un grand volume. En eau tempérée, une version légère; dans les deux cas, avec des grandes poches.
- combien de Lest? la variation de lestage va de 0 à 4 Kg pour un même individu, à tester à chaque situation nouvelle: dépend surtout du bloc (Acier ou Alu, léger ou lourd), et de la combinaison (3 à 7 mm, mono, double, étanche, etc.).
- Le Test du lestage. Pas si facile que ça:
- objectif: un poids apparent neutre au dernier palier (souvent "3m" ).
- Erreur courante: faire le test à la mise à l'eau; double erreur en fait: la combinaison est rarement à l'épaisseur mini (qu'elle aura en remontant en fin de plongée) et le bloc est plein, donc plus lourd!
- Le surlestage (à éviter) facilite le confort aux paliers et des photographes, mais induit plus de "stabilisation", plus d'effort au palmage, surtout par courant fort, donc plus de consommation d'air..
- Ordinateur ou Tables? Ordinateur, sans hésiter, à condition d'apprendre à l'utiliser et de s'y habituer.
- Ordinateur Nitrox: de préférence, car c'est un plus réel pour certains profils (typiquement en eau tropicale).
- Ordinateur avec gestion d'air: si tu as les moyens (c'est cher), dans ce cas, conserves un mano classique, car certains modèles sont capricieux (retard à l'affichage pression avant la plongée ou défaut occasionnel pendant).
- des Tables de secours: certains prêchent pour des Tables en cas de panne inopinée de leur ordi, mais il faut alors prévoir en plus: un profondimètre-timer, ou les deux séparés, et en cas de plongées multiples, une bonne mémoire et aptitude au calcul mental ou une une ardoise à calculs.
- un Parachute de Palier (signalisation) par plongeur avec un bout (ou élastique ou enrouleur) d'au moins 10m; éviter la couleur "jaune passé" qui se voit mal dans certaines conditions de lumière.
- Signalisation: une lampe, phare ou éclat, ou signal sonore par plongeur pour les récupérations en condition difficile.
Les Choix de "Tonton" Paul
- une précaution: ouvrir son bloc dés que possible et tester sa pression pour éviter de découvrir tardivement qu'on a pris ("qu'on t'a donné") un bloc vide; ensuite, refermer le bloc pour le transport et la navigation, en laissant les détendeurs sous pression: si un joint doit lâcher, il le fera sans vider le bloc et avant d'être dans l'eau.
- quelles Palmes? sauf en eau froide, des palmes chaussantes, portées nu pied ou avec des chaussons (ettes) fins ; un modèle identique en réglable est plus cher, plus lourd, moins performant, et plus fragile.
- En eau chaude, la combinaison mono, avec fermeture devant (de préférence, double curseur) pour faciliter l'habillage et le soulagement "extra muros".
- les Lests Largables sont superflus: la plupart des systèmes ne sont pas fiables et on sème régulièrement ses plombs ! De plus, on ne largue jamais son lest ! (sauf peut être en surface ?).
- le Crochet: pas toujours bien vu, mais utile par courant fort si on s'en sert correctement (sans dégats, facilement largable).
- le Couteau: mieux, une cisaille! en titanium (ne rouille pas et continue de couper), petit et pliable.
- Tuba? pas de tuba, sauf en PMT pour aller flirter avec les Dauphins, Mantas et autres Requins-Baleines..
- PMT: excellent pour l'entrainement physique avec ou sans tuba à un rythme soutenu (env. 1500 m en 30 min)
- Capelé: parfois nécessaire avant ou après la plongée; assez relaxe sur le dos, en contrôlant où l'on va; si ça doit durer, une seule solution façon "body": se tenir allongé sur l'ensemble bloc-gilet, juste assez gonflé pour ne pas couler, devant soi, bras fléchis. Si ça dure vraiment trop, envisages de larguer le lest et le bloc! Dans tous les cas, on reste groupés.
- Signes: toujours "plein cadre": penser aux plongeurs dont la vue baisse. Toujours valider par une "réponse". Réserver les signes qui "bougent" aux urgences et les signes statiques pour le "blabla".
- Compensation (équilibrage) des oreilles: Valsalva est la pire des méthodes (coup de piston sur les tympans). Formellement déconseillée et inopérante à la remontée. Essayer les méthodes "douces" Frenzel, Toynbee, ou BTV WiKipédia.
- Échange d'embout: toujours préférer donner l'octopus ou le second détendeur. Si l'échange est obligatoire, attention à maintenir l'équilibre des gilets:
un effort de palmage, en cours d'échange, conduit rapidement à un (ou deux) essoufflement(s)
- Équilibrage au Gilet: évites de te vautrer sur les récifs ou ailleurs. Une position trop verticale avec un gilet classique, est le signe d'un surlestage compensé par un gilet bien gonflé. C'est favorisé par une collerette (bouée Fenzy), et peu probable en gilet à flottaison dorsale.
- Descente dans le Bleu: indispensable pour plonger dans le courant fort; à associer à une immersion immédiate en surface et un rendez vous au fond (à l'abri du relief ou "accroché").
- Parachute: à utiliser systématiquement pour effectuer des paliers en dérive dans le bleu. Se signaler au début du palier. Rend le palier beaucoup plus confortable en cas de turbulences ou "d'ascenseurs" dus au courant.
- Décapelage: en dehors de la fin de plongée en surface, permet de manoeuvrer seul, un robinet (que l'on a oublié d'ouvrir) ou le fermer, en cas de fuite importante (rupture de joint). Sous l'eau, préférer l'appel au partenaire.
- Capelage: technique facile et intéressante pour s'équiper en surface quand le bateau est trés encombré ou changer d'équipement sans avoir à remonter à bord.
- Remontée sur Expiration: exercice informatif uniquement pendant une formation; c'est la dernière solution (trés risquée) à utiliser en cas de problème au fond.
- Sauvetage "à la palme": une belle démonstration de force et d'aisance, mais il faut absolument lui préférer l'utilisation du gilet (voir section "Assistance & Sauvetage")
-
Apnée: sympa, mais non indispensable, voire dangereuse pour le plongeur.
sur l'Orientation
- Ce n'est pas le fait de se perdre qui pose des problèmes, mais les (mauvaises) décisions que l'on prend quand on se perd!
- Ou bien, tu connais le site, et c'est un problème d'attention.
- Ou bien, tu ne connais pas (ou mal) le site, et là, c'est plus difficile: prends des repères visuels à l'aller, en notant leurs profondeurs, et en te retournant pour avoir la vision (axe, lumière) que tu auras au retour (quant tu chercheras ...).
- Ou bien, tu es dans le "bleu", autant dire dans n'importe où, surtout s'il y a du courant.
- Le compas (boussole) ? son efficacité réelle se limite à t'éviter de partir à 180 ° du cap prévu, et ce n'est pas si facile que çà !
- Dans tous les cas, avant de persister à chercher, on assure la sécurité (autonomie en air, paliers, rester groupé), et on se signalise (parchute) au plus tôt.
- Ne te laisse pas impressionner par les "vieux" qui se moquent, ils se sont tous perdus eux aussi.
La classification suivante est celle de la règlementation Française, en vigueur.
- Espace proche: 0-20m, en général sans palier, facile dans de bonnes conditions, mais attention aux conditions particulières: froid, visibilité, courant.
- Espace médian: 20-40m (30m pour PADI), avec ou sans paliers, la difficulté varie avec les conditions
- Espace lointain:40-60m, généralement avec paliers, toujours difficile. Trés difficile avec du courant.
- Paramètres: la profondeur maxi et la durée, mais aussi, le détail des paliers, la consommation, la température de l'eau, les conditions, les aléas ...
- Profils: éviter les profils à risques:"Yo-Yo" ou "inverse". Au profil "carré" plutôt agressif si paliers importants, préférez le profil avec "remontée progressive" ou "multi-niveaux" moin agressif, avec des paliers limités.
- mes Profils préférés avec paliers significatifs (5 à 20 min): durée de la plongée divisée en 3 tiers: profondeur maxi au 1er tiers, remontée progressive avec niveaux de régulation (ou "deep stops") jusqu'à la zone paliers pendant le 2ième tiers, du premier palier à la surface pendant le 3ième tiers.
- Profondeur des Paliers: éviter le 'trop" célèbre "3m"
- qui n'a qu'un seul intéret: permettre un calcul par les Tables en minimisant la durée totale de la remontée
- et beaucoup de défauts: difficile à tenir par mer agitée, conduit à un surlestage, oblige à une position allongée (sinon, en regardant ses instruments, on a la tête à 2m50, voire 2m), et surtout , conformement aux modèles de décompression en vigueur (Bulhmann, Spencer, VPM, RGBM), c'est ainsi que l'on minimise la marge de sécurité anti-dégazage!
- Plongées successives: pour envisager plusieurs plongées par jour (2, 3 ou plus) il faut maximiser les intervalles de surface, limiter les paliers, et choisir des profils peu agressifs.
- Plongées inverses: A titre personnel, je m'autorise les plongées "inverses" (pas les profils), où une plongée est plus profonde que la précédente. Beaucoup d'organisations et de moniteurs pensent que c'est une source de risque accru, mais les études scientifiques ne sont pas déterminantes sur cette question.
Bien Utiliser SON Ordinateur
- "Ton Ordi": tu as compris la "doc" et tu as les repères de l'habitude
- avec un ordi, on augmente la sécurité, en effectuant les paliers indiqués dans un intervalle (plancher-plafond) que l'on apprend à gérer en fonction de l'autonomie en air et de sa connaissance de l'appareil.
- la profondeur "palier" indiquée par un ordinateur doit être comprise comme le "Plafond" cad la profondeur critique à ne pas dépasser!
- la profondeur "Plancher " indiquée dans la gamme SUUNTO, est la profondeur à partir de laquelle la désaturation commence (exactement, le temps total de paliers diminue).
- Attention, le prix à payer est un allongement de la durée des paliers qui augmentent avec l'éloignement sous le Plafond; Les méthodes modernes permettent un réglage personalisé (%) dans l'intervalle Plancher-Plafond.
- Les gammes d'ordinateurs (Uwatec, Suunto, Mares, etc.) ont des tolérances différentes pour la profondeur acceptée sous le Plafond indiqué: il faut s'habituer à son Ordi et en assumer le comportement !
- les ordis à gestion d'air calculent une autonomie restante en minutes: Attention, les valeurs ne doivent pas être lues littéralement car les algorithmes en fonction ne prennent pas en compte les variations en fonction de la phase. Par contre, le plongeur attentif à cette information, parvient par apprentissage, à l'intégrer pour gérer sa marge de sécurité.
- dans le cas d'Ordis de modèles, ou de saturations différents (dues aux plongées précédentes), on effectue , ensemble, la procédure la plus "contraignante":
- vitesse de remontée la plus lente
- palier le plus profond
- durée de palier la plus longue
- dans le cas mixte d'Ordis et Table, on effectue, ensemble, la procédure Table
(vitesse et paliers), mais on allonge la durée du palier, si un Ordi l'exige (ce compromis permet de régler le cas de saturations précédentes différentes)
- On comprend qu'il n'est pas trés indiqué que des partenaires plongent avec des saturations précédentes différentes
Gérer une Panne de Ton Ordinateur
- Tu as la même saturation d'Azote que l'ordi de ton partenaire (tu as fait les plongées précédentes avec lui qui avait cet ordi): tu le "colles" et tu fais ses paliers en les majorant légèrement. C'est le seul cas, où il est envisageable de continuer la plongée.
- Tu as des différences de saturation avec l'ordi de ton partenaire:
- tu lui annonces la fin de plongée,
- avec remontée à 10m/minute,
- tu le "colles" pour lire son "temps" et sa "profondeur",
- tu fais ses paliers,
- tu augmentes la marge de sécurité en allongeant le palier entre 5 et 3m.
- Tu as des différences de saturation avec ton partenaire qui plonge aux Tables:
- tu fais comme au cas précédent
- si tu en sors indemne, mets un cierge à Saint-J'ai-De-La-Chance
L'analyse des risques est fondée sur une évidence: pour l'homme (et la femme), le mileu marin, dessus et desous, est un milieu "hostile": vents, soleil, humidité, houle,
mouvements, courants, sel, froid, pression,
visibilité, etc.
- Risques directement liés au site: filets, obstacles, etc.
- Accidents de plongée.
- Risques spécifiques liés au courant: surconsommation, essoufflement, séparation de palanquée, dérive hors localisation surface
- Risques spécifiques liés à la profondeur: hypothermie, essoufflement, narcose, hyperoxie, ADD
- Risques liés à la faune et à la flore: peu de danger, en dehors des urticants ou venimeux (méduses, coraux, scorpénidés) et de la (mauvaise) habitude de nourrir la faune.
- Les plongées "hors norme": pénétration d'épaves, sous plafond, en milieu pollué ou chimique, etc.
La "survie" réside dans deux clés: une prévention attentive contre les facteurs aggravants et une surveillance constante de signes précurseurs
- avant: anxiété, troubles de l'humeur, volubilité, agitation ou maladresse excessives
- pendant: comportement anormal, stress, frisons, consommation anormale, ventilation rapide, confusion, apathie, le signe "je veux remonter"
- et aprés la plongée:
céphalées, nausées, malaises, vertiges, rougeurs, picotements, fourmillements, tremblements, etc.
Pour tout plongeur, la probabilité
d'être confronté à une situation d'accident est loin d'être négligeable.
Quelques règles permettent de mieux vivre ces instants difficiles:
- la détection des facteurs favorisants les accidents et l'augmentation de la marge de sécurité en conséquence
- la surveillane des signes annociateurs
- l'intervention au plus tôt, même en cas de doute
- un geste rassurant précoce évite souvent l'aggravation
- la maîtrise de techniques spécialisées: Assistance, Sauvetage, Secourisme, Appel des Secours
- éviter le sur-accident (dérive, chocs, noyade, surpression pulmonaire, etc.)
Porter Assistance en Plongée
- ne doit pas poser de problème dans l'espace proche: il est inacceptable qu'un incident se termine en drame entre 0 et 20m.
- comporte une part aléatoire dans l'espace médian: la situation peut dégénérer (panique, mauvaise gestion), et passer de l'assistance simple au sauvetage; nécessite calme et savoir-faire.
trés difficile dans l'espace lointain; toujours anticiper le cas pire du sauvetage avec panique ou syncope.
sur l'Intervention sous et sur l'eau
- intervention rapide, mais non brutale (sauf panique)
- au moindre signe de panique, adoptez une position "défensive" dans le dos de l'assisté, et gérer le maintien de son embout
- démarrage du fond (20-60m) avec un gilet gonflé (à la bouche, si "direct-system" en panne)
- vitesse de remontée modérée (10m/min)
- contrôle visuel constant
- prés de la surface (10-0m), dégonfler le gilet et finir à la palme pour éviter de percer.
- appel de détresse dés l'arrivée en surface
- surveillance constante en surface
| |
Conditions/Causes |
Symptômes |
CAT |
Prévention |
| Liés au milieu marin |
|
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|
| insolation, déshydration |
|
malaises de légers à graves |
évacuation si grave |
se protoger, boire de l'eau |
| hypothermie, mal de mer |
|
ne pas confondre avec ADD |
à terre, vite! |
à terre ! |
| hydrocution, noyade |
|
syncope |
Réanim+O2 + évacuation |
|
Liés à la faune/flore |
|
|
|
|
| urticant ou venimeux |
cnidaires, hydraires, échinodermes, scorpénidés |
|
traiter |
NoTouch |
| morsures, attaques |
trés rares, "feeding" |
|
risque de noyade |
Do not Feed |
Barotraumatismes |
surpression due aux variations de profondeur |
symptômes dés la sortie de plongée |
| Oreilles |
mauvaise technique en descendant ou rhume |
douleurs à la descente; rares à la remontée, otites
|
ralentir la descente, repos, faire traiter
|
ne pas forcer, équilibrer tôt et bien |
| Sinus |
malformation ou inflamation |
douleurs à la descente, à la remontée et àprés |
ralentir la remontée, repos, faire traiter
|
ne pas forcer, ni plonger "encombré"
|
| Yeux |
Placage de masque par effet de succion |
Oeil bleu ou hématome |
repos |
souffler dans le masque en descendant |
| Poumons |
blocage expiratoire en remontant |
multiples graves, syncope |
risque de noyade urgence
|
ne jamais bloquer sa respiration |
ADD |
dégazage critique |
attention: symptômes tardifs (<12h) |
Réanimation si syncope, arret respiratoire ou cardiaque
O2 +
évacuation sanitaire si symptômes confirmés |
éviter les facteurs favorisants
hygiène de vie et entrainement physique,
équipement entretenu et compéténce technique
respect des procédures
ni effort, apnée, ni altitude aprés plongée |
| Oreille interne (typeII) |
peut masqer plus grave |
douleurs, malaises, nausée, vertiges
|
| Pulmo/Cardio/Neuro/ Cérébro/Médulaire (typeII) |
les plus graves |
fatigue, maiaise, fourmillement, paralysie, coma |
| Osteo-Articulaires (typeI) |
efforts repétés |
douleurs infirmités "bends" |
| Cutanés (typeII) |
en principe, inexistants en plongée amateur |
irritation, puces, moutons |
| pas seulement Cutanés (typeI) |
annoncent plus grave |
irritation, marbrures, crépis |
| |
|
|
|
|
Intoxications |
Excés de gaz par pression |
|
Risque de noyade |
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| HyperCapnie |
froid, stress, effort, profondeur, ppCO2 > 0.04b favorise les ADD et la Narcose
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essoufflement panique, nausée et céphalées en sortie |
calmer et remonter, O2 si symptômes graves
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Be Cool ! Be Humble !
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| Narcose |
profondeur, ppN2 >4.0b (seuil) |
symptômes annonciateurs personalisés jusqu'à la syncope |
remonter |
Don't Be Too Much ! |
| Hyperoxie |
profondeur, ppO2 > 1.6b (limite), paliers à l'O2 |
Crise "épileptique" souvent sans signes annonciateurs |
remonter
Pas d'O2 ! |
Just Don't Do It ! |
| Monoxyde d'Azote et autres |
mauvaises conditons de gonflage: impuretés ou CO
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malaises de légers à coma |
O2 + évacuation en urgence si CO
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Change your "crèmerie" ! |
| Hypoxie |
Apnée ou Recycleur, ppO2 < 0.17b |
syncope sans signes annonciateurs |
remonter
O2 ! |
Sing another "AIR" ! |
- La Structure ("Club"): souvent, le meilleur et quelque fois, le pire, mais plonger "sans" c'est ...
- Le Binôme ("Buddy") souvent, le meilleur et quelque fois, le pire, mais plonger "sans" c'est ...
- La Sécurité en Surface: Il faut avoir confiance, mais plonger "sans" c'est ...
- Les Secours: Où est le bloc de "secu" ? l'O2? la VHF? le Portable?, "sans" c'est ...
- Les Assurances,"sans" c'est ...
- Le Site et les Conditions: les "locaux" sont souvent de bon conseil, interroges les !
Sur la Plongée dans l'Espace Lointain
Les parcours profonds (40-60m) associés à des paliers importants exigent des compétences et une planification
particuliéres
- une expérience réelle acquise par une serie de plongées en lente progression de difficulté.
- la pleine possession de ses moyens humains et matériels
- une bonne connaisance du ou des partenaires (la plongée à 3 est plus délicate à gérer)
- une discussion préalable obligatoire sur le plan, avec un accord sur la profondeur maxi, et la durée maxi des paliers prévus
- pendant la plongée, préférer la position "côte à côte" à la "file indienne", qui peut retarder la détection d'incident
- il faut craindre la plongée sans repère (dans le bleu), car elle augmente le risque de se perdre, mais aussi favorise la narcose
- Il faut "économiser" ses efforts de palmage, car l'essoufflement est à prendre trés au sérieux, et l'effort favorise la narcose
contrairement à la croyance répandue, la narcose n'est pas une simple ivresse, c'est la première étape de la syncope (cf éthymologie grecque)
la narcose est un phénomène imprévisible, car il dépend d'un grand nombre de facteurs du mileu: profondeur, visiblité, froid, effort, etc., mais aussi de facteurs personnels: mental, stress, fatigue, expérience, etc.
Au delà de 60m, à l'air, tous les plongeurs sont atteints par la narcose mais ils courent un danger sans avertissement: la crise hyperoxique dont l'issue fatale est quasi certaine !
- Voler et Plonger: fatigue, déshydration, décalage horaire, attention au délai avant et aprés plongée.
- Les autres Équipements: bloc Alu, DIN ou INT
- Les autres Conditions: climat, courant, visibilité
- Les unités Anglo-Saxones: "feet", "psi"
- Les autres Structures: signes ("Ok Surface", "Low on Air") et prérogatives (0-30m, "No Dec", "Computer Dive", "Buddy") différents chez PADI
- Les Assurances: indemnités, prise en charge médicale, rapatriement
- Amener avec soi: masque de rechange, et médication de base (bobos, intestins, oreilles, mal de mer)
Plonger dans le courant
Le courant, quand il est fort, impose un savoir-faire et des précautions.
- un courant de 1nd est génant, difficile à négocier à 2nds, impossible à vaincre au dela de 3nds, extrème au delà de 6nds.
- "surplanifier", car les courants peuvent être différents en force et en direction, en surface et au fond.
- dés l'immersion, le courant impose une descente rapide, avec un minimum de perte de temps en surface (on appred à rincer son masque pendant la descente).
- par courant fort, une solution consiste à se mettre rapidement à l'abri du relief au fond, ou à s'accrocher.
- une position complêtement allongée, fàce au courant, permet de diminuer la force de résistance.
- à l'inverse, une position verticale, accélère la dérive.
- le gilet doit être gonflé au minimum, d'où l'importance d'un lestage correct.
- le palmage à contre courant est peu efficace, il ne faut pas hésiter à se servir des mains pour se déhaler.
Attention à l'essoufflement qui guette à chaque instant.
- la remontée peut être sportive, si le courant provoque des turbulences ou ascenseurs.
- avec du palier, sortir le parachute, tout au début, car la dérive peut se compter en miles.
- Pourquoi affronter le courant ? Il se peut que l'on ait pas le choix: une épave, en plein jus, c'est ça ou rien! mais, surtout, c'est par courant fort que l'on fait les plus belles rencontres de prédateurs, car la faune est alors en pleine activité de chasse.