Petite histoire du libre...

Il était une fois un partage sans limite des connaissances. Une époque durant laquelle les progrès de la science et de la technique ont été tout à fait considérables, et la création artistique florissante. La majorité des scientifiques et techniciens échangeaient de l'information grâce à diverses publications, et les artistes diffusaient naturellement leurs oeuvres.

Au début des années 80, cette règle tacite de partage des connaissances a changé : des éditeurs ont commencé à vendre leurs premiers logiciels, sans en distribuer le code source : c'est le logiciel propriétaire. Son système social est fondé sur l'isolement et la division des utilisateurs

À côté du monde de l'informatique propriétaire dominé par Microsoft, un autre modèle s'est depuis toujours développé. Les Logiciels Libres, développés par une communauté privilégiant le partage et l'entre-aide, n'ont plus rien à envier à leurs voisins propriétaires et les surpassent même souvent. La philosophie du Libre dépasse d'ailleurs aujourd'hui le cadre du logiciel : on la retrouve aussi dans l'art, la littérature ou l'électronique, la musique.

Si le logiciel propriétaire était un plat cuisiné, il serait impossible de connaître sa composition, ni la façon dont il a été cuisiné. Il serait bien entendu interdit d'essayer de le deviner. Il serait impossible d'améliorer la recette, et il vous serait interdit d'en donner un morceau à votre ami qui meurt de faim. L'idée de "privatisation" du logiciel, et des autres formes d'expression est donc une idée allant à l'encontre du partage des connaissances .

Les Logiciels Libres sont des logiciels librement accessibles, copiables et diffusables. L'utilisation de tels logiciels n'engendre donc pas de discrimination par l'argent, dans la mesure où tout le monde peut se les procurer. L'utilisation de Logiciels Libres est possible par tous, que l'on soit technicien ou non. Les systèmes libres tels que GNU/Linux sont disponibles sous forme de distributions. Une distribution est une compilation de nombreux logiciels, accompagnée d'un système d'installation simple et d'un système de paquetage permettant l'installation, la suppression et la mise à jour des différents logiciels installés sur le système. Une distribution contient énormément de logiciels : système d'exploitation, bureautique, Internet, multimédia, développement, serveur, etc... Il n'est en général pas nécessaire d'ajouter d'autres logiciels. Par ailleurs, il est tout à fait possible d'utiliser des Logiciels Libres en conservant votre système d'exploitation propriétaire comme Microsoft Windows. De nombreux Logiciels Libres sont aussi disponibles sous Windows, comme le navigateur Web Mozilla ou la suite bureautique OpenOffice. La compilation GnuWin offre par exemple un grand choix de Logiciels Libres pour Microsoft Windows, tandis que la distribution Knoppix permet de tester un système libre sans rien installer sur son ordinateur.

A l'heure actuelle, le système GNU/Linux peut être utilisé quotidiennement à la fois pour des usages courants tels que la bureautique, l'Internet, le multimédia, mais aussi pour des usages plus professionnels comme les serveurs Internet et le développement logiciel. C'est d'ailleurs dans le domaine professionnel que GNU/Linux a acquis ses lettres de noblesses. Le Logiciel Libre est donc une alternative techniquement viable et crédible pour l'utilisateur.

Tout d'abord, utiliser le Logiciel Libre est une démarche éthique : c'est la volonté d'utiliser des logiciels réalisés avec l'objectif de créer un bien commun dans l'intérêt général, et non pas des logiciels créés pour des intérêts privés.

Les documents utilisés en informatique sont enregistrés dans différents formats de fichier. Ces formats peuvent être fermés ou ouverts. Un format de fichier est dit fermé lorsque les spécifications décrivant la structure interne du format ne sont pas disponibles. À l'opposé, un format est dit ouvert lorsque ses spécifications sont librement disponibles. L'utilisation de formats de fichiers fermés pose plusieurs problèmes :

Les logiciels propriétaires réduisent la liberté de l'utilisateur. Par contre, le Logiciel Libre [4] est spécialement conçu pour préserver la liberté des utilisateurs en garantissant quatre libertés fondamentales :

On peut voir une analogie entre ces quatre libertés et la devise de la république française : l'utilisateur est libre de choisir son logiciel, libre d'en changer. Les utilisateurs sont égaux car il n'y a pas de discrimination. L'esprit de fraternité est respecté car l'utilisateur peut aider ses proches.

Nul ne peut garantir ce que peut réellement faire ou ne pas faire un programme propriétaire. Un navigateur internet se contente-t-il de me permettre de naviguer ou note t'il mes habitudes ? S'il les note, est-ce pour me faciliter la navigation ou pour les communiquer à de tierces personnes ? Le fait que les codes sources des logiciels libres soient publics est une garantie que ces programmes ne contiennent pas de parties cachées malveillantes.

Richard M. Stallman

Afin de faire perdurer l'esprit de partage des connaissances, Richard M. Stallman (souvent appelé RMS), un chercheur en informatique au MIT (Institut de Technologie du Massachussetts, États-Unis) décide de quitter son laboratoire en 1984, et de se consacrer à l'écriture d'un système informatique complet et libre, appelé "GNU" (acronyme pour GNU's Not Unix, Gnu N'est pas Unix en français) [2].

Dans le même temps, Richard M. Stallman crée la Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre en français, aussi connu sous l'acronyme FSF) visant à supporter le projet GNU. Les premiers travaux de cette fondation sont de définir le concept de Logiciel Libre et de rédiger une licence adaptée à sa distribution, la GPL [3] (Licence Publique Générale GNU), fondant ainsi les bases éthiques, politiques et juridiques du mouvement du libre.

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copyleft : ce texte reprend de larges extraits de l'excellent livret du libre.